PSYCHANALYSE ET MUSIQUE
Psychanalyse et musique : L'oreille musicale du psychanalyste et l'écoute Winnicottienne par André Brousselle ( A.Brousselle )
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L'écoute Winnicottienne
Psychanalyse, psychiatrie, psychologie
France

Prima la musica

L’audition sur ce site internet d’extraits des partitions citées me parait une introduction souhaitable d'une part à « L’oreille musicale du psychanalyste » (Ed. l’Harmattan), et d'autre part à « l'écoute Winnicottienne ».


Si langage et musique ne vont pas l’un sans l’autre, pour certains neurophysiologistes ils n’entreraient pas par la même oreille et ne rejoindraient pas le même hémisphère : à gauche le langage, à droite la musique. Ne retenons pour notre propos que la métaphore d’une « oreille » musicale de l’analyste qui aurait sa spécificité, différenciant les mots de la musique des mots.

« On est prié de fermer une oreille », dirait Freud1, mais pour mieux la rouvrir ensuite ! Cette alternance des écoutes, ainsi affinées, s’applique aux grands airs lyriques comme à une séance d‘analyse..

De l’écoute à l’entendement : une métapsychologie construite depuis le modèle musical (une métamusicologie, devrait-on dire) s’écarterait des théories langagières ; l’affect serait-il structuré comme la musique ? Créerait-il sa propre représentation, non arbitraire, née de l‘embryon d’affect ?…

Quelle énergétique implicite est à mettre à jour ? L’harmonie est là démonstrative, déjà par ses résonances avec les notions psychanalytiques (plaisir/déplaisir, tensions /détentes,…). On sera surpris d’observer que l’économique, partant des notions élémentaires d’harmonie, puisse mener à la création d’œuvres si émouvantes et à des spéculations élevées philosophiques, religieuses, ésotériques. Avant de suivre son irrésistible évolution vers la complexité, il serait bon de s’étonner devant le quantitatif sociologique du phénomène, devant toutes ces heures de chaque jour pendant lesquelles tant d’humains sont bercés, portés, réjouis, ravis, excités (mais encore ?) par ce jeu de modulations d’accords, présent dans quasiment toute musique, en particulier celles dites d’ambiance, d’accompagnement si fréquentes dans l'environnement. Quelle est donc cette aspiration si générale, voire cette addiction, à ce jeu dissonances – consonances, comment doit-elle se satisfaire en dehors de l’harmonie (dans les rythmes, les timbres...), et en dehors de la musique où elle est si flagrante ? Nous n’allons pas nous étonner de redécouvrir le déplaisir – plaisir, la lutte antidépressive, mais nous restons surpris par l’importance d’autres nécessités impérieuses comme le jeu avec le holding et ses avatars qu’apporte la base rythmique et harmonique. Cette omniprésence contraste avec la constatation que, pour beaucoup d’oreilles, l’harmonie ne se remarque pas, sauf dans ses manquements (l’accord faux), insupportables.

Quelques opéras illustreront le « mouvement du cœur» l’élaboration du cri, la réanimation du sujet, …notions qui nous ramèneront au divan. Et comment la musique traite-t-elle angoisse et dépression ?

Il nous restera à « reconnecter les deux oreilles » pour entendre et interpréter comment joue l’inconscient entre les mots et la musique des mots.


Prima la musica, disions nous ; écoutons les illustrations sonores.

 

 

 

1 Cf. « On est prié de fermer un œil » Freud, Science des rêves, ch. VI.

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