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Quand Kolélas boude le « protégé » de Sassou
Jusqu'à quand le mariage de raison entre le Parti congolais du travail (PCT) de Sassou et le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégré (MCDDI) de Bernard Kolélas tiendra-t-il ? La question a été relancée par l’absence, sinon le boycott, par M. Kolélas de la réélection, comme maire de Brazzaville, de Hugues Gouélondélé, candidat du Rassemblement pour la majorité présidentielle (RMP), mais surtout gendre de Sassou, dans le civil.
On imagine déjà les partisans de la majorité présidentielle dédramatisant cette absence, invoquant des raisons de santé… Et pourtant, le choix du président de MCDDI de ne pas participer au vote, le jour de la réélection de Hugues Gouélondélé, est lourd de significations politiques. Car Kolélas n’est pas venu, mais il n’a surtout pas donné la moindre procuration pour voter à sa place : 91 conseillers ont pris au vote accordant 77 suffrages exprimés au maire sortant et 14 à son adversaire, Nick Filla de Saint-Eudes, du Parti libéral. Six élus dont Kolélas n’ont pas pris part au scrutin ! En vérité, cet épisode intervient après plusieurs escarmouches entre le PCT et le MCDDI qui attestent de la fragilité de leur alliance. Aux législatives de juin et août 2007, les deux alliés de circonstances se sont affrontés dans presque toutes les circonscriptions électorales du pays ; aux élections locales même chose : le PCT et le MCDDI ont fait bande à part, chacun ne se souciant que de ses intérêts. Comment peut-on donc expliquer ce comportement entre alliés ?
Pour y répondre, il faut remonter au contexte dans lequel le mariage de raison a été contracté. Lorsque décède en décembre 2005, à l’hôpital Saint-Paul à Paris, l’épouse de M. Kolélas, Sassou joue le magnanime : il accorde une amnistie individuelle à l’ancien PM, lui permettant ainsi de rentrer au pays avec la dépouille mortelle. L’émotion passée, le PCT négocie une alliance avec le MCDDI, sans avoir au préalable défini un accord de gouvernement, un programme politique, une vision commune. L’attelage a donc tenu environ deux ans parce que chaque camp trouve son compte : le MCDDI participe au partage de la rente tirée de la gestion des affaires de l’Etat, Sassou donne l’illusion que son régime bénéficie d’un ancrage populaire avec un allié de « la taille » du MCDDI, du moins ce qu’il en reste. De toute évidence, l’alliance PCT/MCDDI n’est ni plus ni moins qu’un mariage entre la carpe et le lapin. Et on sait comment finit ce genre d’union : dans le déchirement total.
A.Pemangoye
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