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Interview de Monsieur Ange-Edouard POUNGUI,
Ancien premier Ministre, Vice Président de l’UPADS à la Semaine Africaine
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1. - S.A. : Monsieur le Vice Président, comment se porte actuellement votre parti ?
A.E.P. : Je voudrai vous rappeler que l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale, notre parti, a traversé une longue période de léthargie. Vous n’en ignorez pas les causes. Il me plait cependant de vous les rappeler très brièvement : après le coup d’État du 05 juin du 1997 qui a donné un coup d’arrêt sanglant au processus démocratique au Congo, tous les dirigeants et cadres du parti le Président Pascal Lissouba y compris, avaient été contraints à l’exil. Ceux qui étaient restés au pays vivaient reclus, craignant, la peur au ventre, les représailles des revanchards. Dans ce contexte, il était quasi impossible, voire très risqué, de faire fonctionner le parti à l’intérieur. A l’extérieur, l’éparpillement des cadres et membres du parti dans différents pays, rendait la tâche quasi impossible. Alors, tout le monde pronostiquait la disparition de l’UPADS tandis que le pouvoir putschiste plus intéressé que quiconque, par ne s’était pas privé de « vendre la peau de l’ours, avant de l’avoir tué » en procédant au débauchage systématique des cadres du parti, dès son installation par les forces coalisées qui avaient permis son retour.
Aujourd’hui, après le congrès de décembre 2006, qui a doté le parti d’une direction démocratiquement élue, l’UPADS a pris un nouveau départ. Sa restructuration à la base se poursuit de façon satisfaisante comme l’atteste la mission de restructuration que le Secrétaire Général, le camarade Pascal Tsaty Mabiala a récemment effectuée dans la Sangha. Par ailleurs, à la faveur de la récente campagne électorale, une mission s’est rendue à Ewo. De même, j’ai pu apprécier in situ, à l’occasion des dernières élections locales, l’excellent travail effectué par la mission du parti dans la Bouenza, mission conduite par le Secrétaire national chargé de l’organisation, le camarade Emmanuel Boungouandza. En effet, Lors de mes récents déplacements dans ma circonscription électorale à Madingou, j’ai été agréablement surpris d’être accueilli par des responsables du parti dans chaque village. C’est le signe que le parti est bien revenu à la vie. J’ajoute que, tous les organes du parti fonctionnent normalement : le Conseil des Vice-présidents, le Secrétariat National tiennent régulièrement leurs réunions tandis que le Bureau politique a déjà tenu deux sessions. Je ne révèle rien en vous annonçant la tenue dans les toutes prochaines semaines de la 3ème session du Bureau politique qui sera suivie sans doute, de la première session du Conseil National. Tout ceci témoigne de la vitalité de l’UPADS et du dynamisme de ses dirigeants. Peut-on en dire autant du rassemblement éléphantesque du Ploutos national qui est déjà en campagne de l’élection présidentielle de 2009 et dont les activités se résument à des carnavals dispendieux, financés sur fonds publics ?
La vérité est que la montée en puissance de l’UPADS enthousiasme ceux qui rêvent d’une alternance à la tête du pays, tout autant qu’elle commence à inquiéter sérieusement nos adversaires d’en face qui multiplient les actes d’intimidation et de manœuvres de déstabilisation de notre parti.
2. - S.A. : Quel bilan faites vous de la participation de l’UPADS aux législatives de 2007 et aux locales de 2008 ?
A.E.P. : Je mentirai si je vous réponds que je suis satisfait des performances de notre parti aussi bien aux législatives de 2007 qu’au locales de 2008. Nous pouvions mieux faire. Cependant, ma seule consolation est qu’aux locales de 2008, nous avons apporté la preuve irréfragable que notre victoire avait été volée à Mossendjo, Dolisie et Nkayi aux législatives de 2007. En effet, comment peut-on expliquer autrement, que les électeurs de ces trois localités changent aussi clairement leur choix, en reportant leurs voix sur les listes de l’UPADS, moins d’un an à peine ? Comme l’attestent les résultats des locales, le RMP a été littéralement laminé dans ces trois circonscriptions et, sauf tripatouillages et/ou combines de dernière heure toujours possibles, l’UPADS, va certainement administrer ces trois communes. Ce sera le début de la fin de la gestion calamiteuse de la cité par le pouvoir actuel. Il convient cependant d’affirmer que ces deux scrutins nous ont permis d’observer à quel point le pouvoir continue d’affiner ses pratiques frauduleuses pour fausser le choix des électeurs. Comme en lors des législatives de 2007, le scrutin du 29 juin 2008 a été émaillé de nombreux dysfonctionnements délibérés dans l’organisation des opérations électorales et de manipulations des résultats. Comme pour les législatives de 2007, les statistiques permettant d’apprécier la validité du scrutin tel, que le nombre d’inscrits, le nombre des votants et le taux d’abstention n’ont été rendus ! Concernant le taux de participation par exemple, tout le monde s’accorde pour dire qu’il se situerait autour de 85% des inscrits.
Cependant, notre participation à cette nouvelle parodie électorale nous permet de mieux nous organiser pour mieux lutter contre les fraudes les plus grossières. Mais je persiste et signe : seule une commission électorale indépendante, pourra me rassurer sur la transparence, l’équité et la sincérité de l’élection présidentielle de 2009. A cet égard, la communauté internationale est interpellée, elle qui d’habitude fait « le médecin après la mort », doit prévenir plutôt que chercher à guérir. Voilà pourquoi, dès aujourd’hui, elle doit donner de la voix, pour demander fermement au Président Sassou Nguesso, d’accepter qu’une commission électorale indépendante constituée de façon consensuelle avec la participation de toutes les forces vives de la nation, soit la seule compétente pour organiser la prochaine élection présidentielle. Mais les partis, les associations de la société civile, les autorités morales, bref, toutes les forces vives de la nation, dans un élan patriotique, doivent s’approprier cette revendication en exigeant haut et fort, la constitution de cette commission électorale indépendante. En effet, seule une élection propre, libre et transparente pourra empêcher le Congo de s’embraser comme le Kenya et le Zimbabwé. Toutefois, je postule que la violence post électorale n’est pas une fatalité, elle peut et doit être évitée. L’UPADS qui n’a jamais recouru à la force pour accéder au pouvoir, n’épargnera aucun effort pour conjurer les démons de la violence afin que le processus électoral se déroule dans un climat apaisé. J’espère que nous ne sommes pas les seuls à chérir la paix. Je reconnais volontiers à tous mes compatriotes le désir ardent de vivre en paix. Cette dernière est indispensable pour reconstruire notre beau pays. J’invite tous et chacun au-delà de nos clivages politiques à privilégier ce qui est commun et essentiel à tous, le Congo notre patrimoine commun.
3.- S.A. : Vous étiez tête de liste de l’UPADS aux locales à Madingou, est-ce pour vous, un test pour les présidentielles dont vous êtes candidat de l’UPADS en 2009 ?
C’est vrai que j’étais tête de liste de l’UPADS aux dernières locales à Madingou. Pour moi, l’importance que j’accorde à la gestion décentralisée du pays, mérite bien, que je mette sans prétention aucune, ma longue expérience de la gestion de la chose publique, au service du conseil départemental de la Bouenza. Il s’agit d’une nouvelle expérience, exaltante sans doute que je suis impatient de vivre. S’agit-il d’un test ? Je ne considère pas ce scrutin comme tel. Cependant il est un fait indéniable que, notre liste, en termes de suffrages obtenues, étant arrivée en tête des seize listes qui sollicitaient les suffrages des électeurs de Madingou, je ne peux donc bouder mon plaisir car ce succès me donne plus d’assurance en moi et m’encourage à aller de l’avant. Il confirme la relation quasi fusionnelle qui existe entre Madingou et moi. A ce, sujet, je me permets de vous rappeler que j’avais déjà été élu à deux reprises député de Madingou en 1992 et 1993. Je saisis donc l’occasion que vous me donnez pour remercier très sincèrement les populations de Madingou qui, à travers la liste de l’UPADS que j’ai conduite, m’ont renouvelé leur confiance. Cette victoire montre bien la constance de la fidélité de notre électorat à Madingou, qui ont ainsi conforté la victoire de l’UPADS lors des législatives de 2007. Ainsi, avec ces résultats, je reste persuadé que le candidat de l’UPADS ne fera pas que de la figuration en 2009. En attendant, je vais vous faire une confidence : notre parti n’a pas encore désigné son candidat aux présidentielles de 2009, chaque chose en son temps. Mais ne le répétez point car c’est un secret de polichinelle !
4. – S.A. L’UPADS est divisée, la preuve, plusieurs membres de votre parti, se sont affrontés dans les mêmes circonscriptions aux locales. Comment appréciez-vous cette attitude ? Pensez-vous que l’unité du parti est encore possible ?
Oui l’unité de l’UPADS est encore possible. Les résultats encourageants que nous venons d’obtenir dans certaines localités à l’issue de ces locales, constituent en eux-mêmes, un puissant stimulant qui justifie notre optimisme en même temps qu’ils nous incitent à saisir le sens profond du message que nos électeurs nous adressé. Partout en effet, pendant la campagne électorale, les paysans, les travailleurs, les femmes et les hommes, les vieux et les jeunes que j’ai rencontrés n’ont eu de cesse de nous exhorter à dépasser nos egos et à privilégier l’essentiel, c’est-à-dire l’unité au sein et autour du parti car, pour gagner en 2009, nous devons être ensemble. Oui la victoire est possible ! Pour ce qui me concerne, je ferai tout ce qui est à mon pouvoir pour que ce rêve devienne réalité.
Par ailleurs, ce dont je me réjouis, c’est le fait que les camarades qui ont présenté des listes en dehors des listes présentées par la direction du parti, l’ont fait sous l’acronyme du parti. C’est ainsi que les sièges obtenus par toutes nos listes s’additionnent, de sorte que tous les conseillers et sympathisants de l’UPADS se retrouvent dans le même groupe et se partagent les responsabilités là où cela est possible. C’est là une belle occasion de concrétiser notre volonté d’unité. Je signale que l’UPADS n’est pas le seul parti à avoir affronté des listes dissidentes. Mais la différence réside en ce que pour la majorité présidentielle, ces listes ont été déclarées indépendantes par le pouvoir, tandis que celles de l’UPADS et de l’UDR Mwinda, ont été maintenues comme telles. Qui gagne à entretenir une telle confusion ? Suivez mon regard ! J’invite donc tous mes camarades à plus de vigilance et de discernement afin de faire échec au plan machiavélique de déstabilisation et de division de celui-là même qui veut nous diviser pour régner ad vitam aeternam sur le Congo.
5. – S.A. : Comment préparez-vous l’élection présidentielle ?
Votre question me rappelle à la réalité d’aujourd’hui. Le pouvoir qui a un bilan « globalement satisfaisant » à défendre, est déjà en campagne depuis le début de l’année. Que craint-il ? Lui qui a déjà décrété que son candidat sera réélu dès le premier tour en 2009. Et pourtant, il ne passe pas un jour où des spots publicitaires vantant les réalisations de la « Nouvelle Espérance » inondent les média publics. Des panneaux géants envahissent les rues et places stratégiques des grandes villes où l’on voit notre cornac national, casque de chantier vissé sur la tête, nous promettre le paradis dans sept ans. Du reste sans ce matraquage particulièrement agressif et digne de l’ère soviétique, comment saurions-nous que nous sommes à la porte du paradis ? Mais je reste persuadé que les 75% des Congolais qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté sauront apprécier cette fiction d’un cynisme achevé qui tranche avec la cruelle réalité, faite, de douleurs, de larmes, de coupures d’eau et d’électricité, de manque de médicaments, de vie chère, de baisse du pouvoir d’achat, d’augmentation des prix de produits de première nécessité, de pénuries répétées du carburant, de routes truffées de nids de poule, de corruption, d’impunité, etc…
N’attendez donc pas de l’UPADS qu’elle rivalise avec le pouvoir sur ce terrain car, paraphrasant l’autre je dis : « qu’on ne peut pas faire boire de l’eau de mer à un enfant tout en le persuadant que c’est la limonade ! » Oui l’UPADS se prépare à l’élection présidentielle de 2009 mais dans la posture d’un vrai challenger, bien décidé à ravir le titre au détenteur actuel. Voilà pourquoi nous ne cessons de répéter, depuis le congrès extraordinaire de décembre 2006, que l’UPADS, le parti du Président Pascal Lissouba, a entamé sa longue marche vers la reconquête du pouvoir par la voie démocratique. Vous en saurez un peu plus, une fois notre candidat désigné.
6. – S.A. : Comment se porte le président fondateur de l’UPADS ?
Cette question récurrente est, de mon point de vue, à la limite de la décence. La santé fait partie de l’intimité de chacun de nous. Je ne souhaite à personne d’être malade car « ça n’arrive pas qu’aux autres !» J’ajoute à ce propos que « chacun de nous est un malade qui s’ignore » Respectons donc l’intimité de l’autre fut-il un homme public ou privé, un ami ou un adversaire. Laissons aux occidentaux ce voyeurisme obscène sur lequel prospèrent quelques tabloïds en mal de sensationnel. A ce propos, récemment en pleine campagne électorale, une rumeur enflait et qui donnait le Président Lissouba pour mort. Comment peut-on spéculer ainsi sur la santé d’autrui ? A qui l’on veut faire accroire que la disparition d’une éminente personnalité comme Lissouba, homme de sciences, ancien Président de la République de surcroît, peut passer inaperçue ou peut être tenue secrète ! Comment peut-on se préoccuper tant de la santé d’un homme que l’on honnit et que l’on a banni ? Pour répondre malgré tout à votre question, je dis que le Président fondateur de l’UPADS se porte bien et tous les militants du parti prient le Seigneur de le garder encore longtemps parmi nous !
La semaine africaine
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