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Pourquoi Sassou a-t-il toujours peur du président Lissouba ?
Arrivé au pouvoir en 1997 par un coup de force, le président Sassou continue de refuser de laisser son prédécesseur Pascal Lissouba rentrer au pays. Ce refus injustifié traduit, en réalité, le sentiment de peur de Sassou à l’égard du président-fondateur de l’UPADS.
La question est régulièrement posée par les journalistes au président Sassou : «Quand allez-vous prendre une mesure d’amnistie permettant à Pascal Lissouba de rentrer au Congo ?».
Si l’interrogation ainsi formulée est aussi claire que limpide, la réponse du président Sasou a toujours été vague voire totalement confuse. En février 2005 à l’hôtel Meurice à Paris, Sassou avait répondu en ces termes : « L’amnistie est envisageable pour Lissouba comme pour n’importe quel autre citoyen congolais ». En mars 2008, dans les colonnes de Jeune-Afrique la réponse du président est exprimée dans la langue de bois : «C’est envisageable [l’amnistie]. Mais, on me dit qu’il est malade. Dans ce cas, sa place, raisonnablement, est sans doute plus à Paris qu’à Brazzaville. Après tout, nous avons laissé à M. Lissouba la jouissance de son hôtel particulier de la rue de Prony dans le 17 ème arrondissement, auquel les ONG, curieusement, ne s’intéressent pas. Alors, une amnistie, pourquoi pas. Ce n’est pas un problème pour moi et ce n’est pas ce qui empêcherait les Congolais de dormir ». Dans les deux cas, Sassou n’a pas apporté de réponse à la question, il a tout simplement choisi de botter en touche.
En vérité, Sassou a une peur bleue du retour du président-fondateur de l’UPADS au Congo. Les informations, qui lui sont remontées du terrain par ses services et les dirigeants de son Parti congolais des « tricheurs » (PCT), attestent que la popularité du président Pascal Lissouba est demeurée intacte, dix ans après son renversement par un coup de force perpétré par Sassou, avec l’appui des forces étrangères. Il sait aussi que le peuple congolais garde encore en mémoire les réalisations du président Lissouba, que Sassou n’a du reste même pas su préserver. Il sait surtout que le président Lissouba n’est pas homme à transiger avec ses principes pour obtenir son retour dans le cadre d’un marchandage politique.
D’autres hommes anciennes personnalités politiques ont pu regagner le Congo à la faveur des mesures d’amnistie décidées à la tête du client. En revanche, ni le président Lissouba, ni ses anciens ministres Moungounga Nguila et Benoît Koukébéné n’ont choisi de renoncer à «leur âme» pour mendier une amnistie auprès de Sassou. Cette attitude de dignité les honore et démontre que l’UPADS est une formation politique fondée sur des valeurs portées par des dirigeants fiers et convaincus.
AP- Pemmangoy
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