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DISCOURS DU SECRETAIRE GENERAL DE L’U.PA.D.S
A LA CEREMONIE D’INTRONISATION DE LA COORDINATION
DEPARTEMENTALE DE BRAZZAVILLE
Hôtel de ville, 23 février 2008
Camarades Vice- Présidents
Camarades membres du Bureau Politique
Camarades membres du Secrétariat National
Messieurs les invités
Militants et sympathisants de l’U.PA.D.S
Mesdames et Messieurs
A l’instant où je prends la parole pour vous livrer le message de la Direction du Parti, mes pensées vont d’abord à Pascal LISSOUBA, le Président Fondateur de notre Parti. Homme de dialogue, patriote et démocrate, Pascal LISSOUBA qui avait toujours privilégié l’unité nationale et les valeurs de la République par dessus tout, savait écouter son peuple et s’en laissait convaincre lorsque l’intérêt de la Nation le commandait. Des interminables négociations avec toute la classe politique d’alors, pour parvenir au compromis qui fondait ses décisions en sont la preuve irréfragable. Rien de commun avec le pouvoir personnel et arrogant, dictatorial pour tout dire, qui tient le pays depuis maintenant 10 ans.
Mes pensées vont ensuite à nos camarades NGUILA MOUNGOUNGA NKOMBO, Benoît KOUKEBENE, dirigeants émérites de notre Parti, et au Ministre Philippe BIKINKITA, grand serviteur de l’Etat, que le pouvoir issu du coup d’Etat du 5 juin 1997, maintient injustement en exil.
Avec un cynisme absolu, le pouvoir, par la voix de son Ambassadeur à en France, s’est même autorisé des propos du genre : « Pascal LISSOUBA n’a plus de problème dans son pays et peut donc y rentrer s’il le souhaite. »
Curieux propos que nous avons jugé irresponsables et irrévérencieux à l’égard d’un ancien Chef d’Etat, oubliant qu’il est l’objet de condamnation qui ne sont toujours pas effacées par une loi d’amnistie comme en ont bénéficié ses Premiers Ministres Joachim YHOMBY-OPANGO et Bernard KOLELAS. Comme nous l’avons déjà dit, et nous le redisons, Pascal LISSOUBA n’acceptera pas une amnistie humiliante, c’est-à-dire celle qui le soumet au silence et le sépare de ses trois collaborateurs avec lesquels il se sent parfaitement solidaire.
Camarade Président de la Coordination de Brazzaville,
Camarades membres de la Coordination de Brazzaville,
Camarades !
Nous voici à un autre rendez-vous de l’histoire du Parti qui s’écrit sous nos yeux. Belle aventure aussi qui, inlassablement et inexorablement se poursuit malgré toutes ces actions déstabilisatrices internes et externes au Parti qui voudraient arrêter son cours.
Ce rendez-vous est surtout l’occasion d’affirmer les engagements pris au cours de notre denier congrès tenu les 27 et 28 décembre 2006 dans cette même salle de l’Hôtel de ville et devant le peuple Congolais médusé, ébahi par notre capacité de réorganisation et notre volonté de sortir d’une crise qui semblait compromettre l’avenir de l’U.PA.D.S.Par l’apport humain qu’il enregistra, par le renouvellement des cadres dirigeants qui s’opéra et par les mesures qui en furent décidées, ce congrès marques la renaissance de l’U.PA.D.S.
Une fois encore, je lance mon cri de cœur à toutes et à tous ceux qui tardent à nous rejoindre, pour qu’ils reprennent leur place au sein du Parti et y apportent leur énergie, leur expérience et leur intelligence à la consolidation de notre œuvre commune.
La dispersion des forces et des votes au Parlement comme hélas nous l’avons observé à l’occasion du dernier débat budgétaire, affaiblit le Parti et risque de lui ôter la considération dont il jouit encore dans l’opinion. Difficile en effet de comprendre que des députés de l’U.PA.D.S votent un budget qui traduit une politique économique et sociale aux antipodes de notre vision de la société et de nos options fondamentales, quelles qu’en soient les raisons.
Je rappelle que pendant toute la 9ème législature, le groupe parlementaire du P.C.T, alors dans l’opposition, n’avait jamais voté une seule loi de finances présentée par les gouvernements successifs du Président Pascal LISSOUBA. Ce rappel qui a simplement valeur de comparaison, n’altère pas cependant notre esprit civique et patriotique qui suggère que nous accordions nos suffrages aux lois qui apportent un mieux-vivre au Peuple Congolais. Ce qui malheureusement n’est pas le cas du budget 2008 qui a bénéficié du vote mécanique de la majorité parlementaire et de l’appui insolite de trois Députés U.PA.D.S. Ce comportement politique mérite sans doute une réflexion, pour dissiper toutes ces rumeurs, toutes ces présomptions de collusion avec le pouvoir dont l’U.PA.D.S est curieusement l’objet.
Mes chers camarades de la Coordination de Brazzaville,
Que puis-je vous dire au moment où vous prenez vos fonctions ?
De vous mettre au travail et, sans moyens, de relever les grands défis qui vous attendent ici à Brazzaville, vitrine de la politique congolaise et berceau des grands événements qui souvent ont changé le cours de l’histoire de notre pays.
Le premier axe de votre programme d’action sera la poursuite du travail de restructuration du Parti. Toute la ville de Brazzaville devra être quadrillée en installant partout où cela est possible, une cellule, une sous-section ou une section pour asseoir territorialement le Parti.
Ce travail de fourmi permettra au parti d’être présent dent tous les arrondissements, tous les quartiers et toutes les zones et brigades afin de se remettre en ordre de bataille avant d’affronter les grandes échéances électorales : les élections locales en 2008 et l’élection présidentielle en 2009.
Notre ambition bien affirmée est de démontrer que Brazzaville n’est pas sous l’emprise exclusive du PCT et de ses affidés, regroupés au sien de cette illusion d’alliance dénommée Rassemblement des Mauvais Perdants, unis dans le seul but de se partager les ressources pétrolières, car dépourvus de toute ambition collective pour le pays et d’affinités politiques réelles.
S’agissant des élections locales dont le scrutin était annoncé pour le 20 janvier 2008, le gouvernement l’a unilatéralement reporté sans jamais justifier sa décision, violant au passage sa propre Constitution qu’il ne respecte de toute façon que lorsqu’elle arrange le PCT. Or, en pleine recomposition, le PCT qui a décidé d’abord d’installer les structures de la nouvelle alliance sur l’ensemble du territoire national, n’entendait pas s’engager dans un scrutin à l’issue incertaine. IL a simplement imposé le report pour mieux affiner la nouvelle stratégie de fraude, plus soft et moins ostentatoire comme la dernière mascarade. Car comment comprendre que subitement le pouvoir se soucie de corriger les dysfonctionnements qui ont gravement émaillé les dernières élections, alors qu’il se refusait d’y apporter la moindre correction sollicitée par l’U.PA.D.S et les autres partis de l’opposition.
Et pour ‘‘correction’’ c’est à l’opération de révision d’une matrice inexistante ou tout au plus contestée et contestable que la CONEL convie les partis politiques pour obtenir leur adhésion et espérer une légitimité tant recherchée.
Quand à la constitution de cette matrice, c’est-à-dire le recensement électoral proprement dit, la CONEL maintient un flou artistique, non seulement parce qu’elle n’a pas de pouvoir décisionnelle à ce niveau de responsabilité, mais aussi parce qu’elle se fait complice des errements du gouvernement. L’U.PA.D.S qui a déjà fait connaître ses vues sur la question, en soumettant un cahier des charges au Ministre en charge des élections, entend poursuivre ses exigences.
Et le comble : c’est l’absence d’un chronogramme discuté avec les Partis Politiques et officiellement annoncé pour y inscrire dans le temps toutes les opérations électorales d’un scrutin crédible.
Mais nous le savons, ce n’est pas une navigation à vue. Au contraire, c’est le temps laissé au P.C.T pour régler préalablement ses contradictions avec ses alliés, de refaire les listes communes des candidats et de fixer la nouvelle date des élections locales en fonction du calendrier du P.C.T.
C’est la manifestation de l’insolence du Parti-Etat que nous n’arrêtons de dénoncer.
Quant à l’élection présidentielle à laquelle nous avons déjà annoncé notre participation, l’U.PA.D.S ne s’y présentera pas en victime résignée pour accompagner un candidat Président à vie, que l’on proclame déjà élu dès le premier tour.
Que les propagandistes du P.C.T ne s’y méprennent pas. D’un côté, c’est sur un bilan chaotique de dix ans de pouvoir personnel et sans partage que le Peuple Congolais jugera le candidat du P.C.T. De l’autre, il sera jugé sur sa capacité à redonner au Peuple Congolais l’espoir de retrouver sa dignité perdue et d’éradiquer cette pauvreté devenue endémique, sans mendier l’aumône de la communauté internationale.
Le Peuple Congolais mûri par les désillusions de la nouvelle espérance, élira, nous en sommes convaincus, le candidat de l’U.PA.D.S dès le premier tour, car lui, et lui seul incarnera le vrai changement tant attendu dans ce pays.
Mesdames et Messieurs
La peur du P.C.T d’organiser des élections transparentes est justifiée par son impopularité qu’il tente de couvrir par une basse propagande sous-tendue par cette honteuse appropriation des médias de l’Etat et par la distribution des prébendes.
Ainsi, sur les grandes questions d’intérêt national, le peuple n’entend que la voie monotone de la propagande du P.C.T qui passe son temps plus à se justifier qu’à convaincre :
Le débat politique contradictoire que le pouvoir prive aux congolais et qui aurait donné l’occasion au Peuple Congolais d’apprécier la politique anti-sociale du P.C.T, Parti dit-on de gauche !
Le budget de l’Etat exercice 2008 qui venait d’être adopté par le Parlement aurait donné lieu à des débats dans le pays. Mais rien de cela. Et d’ailleurs qu’en est-il de ce budget, auquel notre groupe parlementaire dans sa majorité a refusé de donner ses suffrages.
Le débat radio-télévisé sur le budget de l’Etat exercice 2008 organisé au Parlement il y a trois semaines, aurait pu être pour l’Institution parlementaire l’occasion de s’affirmer dans l’opinion et en ce début de législature comme un véritable contre pouvoir. D’autant que le ressort de la démocratie c’est l’existence et la séparation des pouvoirs.
Mais si le groupe majoritaire réduit son rôle à un simple soutien inconditionnel au fonctionnement, il y a risque que l’Assemblée Nationale devienne une simple chambre d’enregistrement.
Et finalement, le groupe parlementaire U.PA.D.S apparaît comme le seul à pouvoir jouer ce rôle, bien entendu dans les limites de son poids à l’Assemblée Nationale.
Ce budget que nous avons refusé de voter, en tout cas dans notre grande majorité (9 sur 12), nous posait un cas de conscience au travers des quatre questions suivantes :
- L’absence de volonté du gouvernement dans sa politique d’éradication de la pauvreté par le maintien à des niveaux inférieurs aux standards internationaux des crédits affectés aux secteurs sociaux (santé, éducation, eau potable), au fonds routier pour la réhabilitation des pistes agricoles permettant de relier les centres de production aux centre de consommation, et à l’augmentation du pouvoir d’achat des agents publics.
- La sous-évaluation des prévisions des recettes pétrolières même après le réajustement opéré par la Commission de l’Assemblée Nationale.
- La constitution d’une épargne budgétaire de plus de 600 milliards de F CFA, montant supérieur aux budgets de certains Etats africains et même du nôtre il y a quelques années, et dont la destination reste ambiguë.
- Le viol permanent de la Constitution.
Tout ceci dans un contexte idyllique qui fait rêver :
- une croissance soutenue de 7,2% du PIB
- une production pétrolière en hausse grâce à la mise en exploitation du champ de Moho-Bilondo qui produira à lui seul dans sa phase de croisière 70% de la production actuelle de Total
- un marché de pétrole florissant avec des prévisions de recettes qui avoisine les 1.600 Milliards de F CFA.
Tout semblait réuni en effet pour que notre pays s’attaque résolument à la pauvreté en comptant sur ses ressources disponibles. Mais qu’avons-nous constaté dans ce budget ?
- une baisse des dépenses d’investissement consacrées à la santé et à l’éducation alors que les secteurs qui n’ont pas vocation à lutter contre la pauvreté augmentent substantiellement leurs crédits.
Et finalement la seule stratégie de sauvegarde du gouvernement pour les secteurs sociaux réside dans les ressources hypothétiques qui pourraient être dégagées dans le cadre des allègements de dette.
Un autre volet de lutte contre la pauvreté superbement ignoré dans ce budget, c’est le pouvoir d’achat.
Comment comprendre que dans un contexte budgétaire aussi favorable un Etat aussi nanti de ressources ne puisse pas payer ses fonctionnaires à la valeur de leur cadre et ce, depuis maintenant 15 ans !
C’est pourquoi nous croyons que le rétablissement des effets financiers des avancements et autres promotions des fonctionnaires qui a un double effet sur la consommation intérieure et sur la lutte contre la pauvreté devrait être considérée comme une priorité dans la stratégie globale du Gouvernement.
Au total, l’examen du budget 2008 a fait lever le voile sur les intentions réelles de ce pouvoir qui dans les discours s’abrite derrière un bluff social et démagogique, alors que dans la réalité il privilégie les dépenses de souveraineté liées à une ambition autre que la lutte contre la pauvreté, à savoir et notamment la diplomatie, sans résultat probant pour le pays en dehors de l’image personnelle du chef et l’achat des armements, sans objet dans le contexte géopolitique de l’après guerre froide.
Pour conclure
Voilà résumées les grandes lignes de notre combat pour une alternance démocratique dans le pays. Alternance au sein de laquelle l’U.PA.D.S, notre glorieux Parti présente de grands et nombreux atouts pour être une alternative crédible à la gestion désastreuse du P.C.T.
Enfin, voilà Camarades Membres de la Coordination de Brazzaville, ici traduites les orientations générales de notre programme de travail.
Tout en vous assurant de notre total soutien, je vous souhaite bon travail et surtout, beaucoup de courage et de persévérance.
Je vous remercie
Coordination UPADS BRAZZAVILLE
Mise en place par Décision N°030 du Secrétaire général du Parti
01. Président chargé de la coordination :
Gabriel OBONGUI
02. Coordonnateur chargé des fédérations :
Jurole NGOMA NZILA
03. Coordonnateur chargé de l’Animation, Mobilisation et Jeunesse :
Patrice KADIA
04. Coordonnateur chargé de la Prospective et Analyse Politique :
Marc MOUKASSA MANITOU
05. Coordonnateur chargé de la Formation Politique :
Maurice MAYOUBOU
06. Coordonnateur chargé du Suivi des Institutions Publiques Départementales : Lambert ONA
07. Coordonnateur chargé du genre et des Droits de la Femme :
Mme DINGA, née
08. Coordonnateur chargé de la Communication :
Gabriel NGOULOU
09. Coordonnateur chargé des Alliances Politiques locales et des Relations avec les autres Partis : Pierre KIBAMBA
10. Coordonnateur chargé des Stratégies Electorales :
Martin KOUMBA
11. Coordonnateur chargé de l’Administrations et Archives :
Didème APPLIANT
12. Coordonnateur chargé des Questions Spécifiques :
Edouard DZIENGUE
13. Coordonnateur chargé des Finances et Matériel :
Victorine BILALA
14. Coordonnateur chargé des Relations Publiques et Protocoles :
Victor NZAMBA
15. Coordonnateur chargé des Cotisations Statutaires :
Madeleine MAMPASSI
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