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Pourquoi Sassou a-t-il volé au secours de Déby ?
L’information est donnée par le quotidien français Le Monde : Sassou était un des premiers chefs d’Etat africain à intervenir auprès de l’Elysée pour demander le soutien militaire de la France à Idriss Déby alors que celui-ci avait la rébellion aux portes de son palais le samedi 2 février.
On connaît la suite : Paris a acheminé pour le compte de l’armée tchadienne des munitions fournies par la Libye, a sécurisé l’aéroport de N’Djamena pour permettre aux deux hélicoptères du président Déby de décoller en toute sécurité et de bombarder les positions rebelles. La France a également fourni des renseignements, pris en charge les blessés de l’armée tchadienne et aidé à la mise en place d’un commandement «de courte échelle».
Tous les analystes s’accordent à dire que ce soutien français a permis à Déby de desserrer l’étau autour de son palais puis de bouter les rebelles hors de N’Djamena. Si la France a agi pour protéger ses intérêts au Tchad, qu’est-ce qui explique l’engagement du président Sassou aux côtés de son homologue tchadien ?
Pour Le Monde, deux raisons principales peuvent être avancées. La première, c’est que le président congolais considère la chute de Déby, sous l’œil de l’armée française, comme le «début de la fin» de la Françafrique ? L’inquiétude de Sassou était d’autant plus grande qu’il se disait après Déby, quel autre chef d’Etat africain sera «sacrifié» par Nicolas Sarkozy sur l’autel de la rupture ?
A cette première explication, s’ajoutent des considérations de politique intérieure congolaise. Dix ans après son coup d’Etat contre le président Pascal Lissouba, Sassou ne s’est toujours pas converti à la démocratie. Il n’a toujours pas intégré la possibilité d’une alternance démocratique au sommet de l’Etat à travers des élections libres et transparentes.
Dans ces conditions, pour lui toute éviction d’un chef d’Etat africain par les armes est un précédent qui constitue une réelle menace pour son propre régime. En définitive, le soutien de Sassou à Déby est non seulement intéressé mais surtout contraire à toute idée de «rupture» dans les relations franco-africaines. « La Françafrique » a donc encore de beaux jours devant elle, tant que les Sassou pourront être à la manœuvre !
APM
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