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Espoir au Congo
Une lueur d’espoir pointe à l’horizon au Congo, pays d’Afrique centrale que tout (richesses naturelles, ressources minières, démographie) promettait au bien-être et au développement. Ce Congo qui est depuis 1997 pris en otage par un régime corrompu gangrené par le népotisme, la gabegie, l’injustice et le trafic d’influence.
Pourtant, les Congolais se reprennent aujourd’hui à espérer. Ils ont repris espoir avec la création le 11 mai dernier de l’Alliance pour une nouvelle république (ANR). Ils ont repris espoir parce que le regroupement entre l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD) et l’Union pour la démocratie (UDR) peut gagner avec éclat les élections législatives du 24 juin et du 22 juillet, si le pouvoir de Sassou consentait à les organiser avec transparence et régularité. Nous en sommes encore très très loin.
Qu’on en juge par l’expérience des partis qui la forment et par leurs motivations, l’ANR est un espoir le peuple congolais. Pour une fois, loin des schémas habituels en Afrique, une alliance est conclue non pas pour accéder au pouvoir et se partager les postes et les recettes de l’Etat ; mais pour proposer une nouvelle alternative au peuple. Pour gouverner autrement le Congo en mettant un terme à la descende aux enfers que le pays vit depuis le coup d’Etat de Sassou. La volonté de rupture de l’ANR est un autre motif d’espoir. Là ou Sassou et ses affidés ont fait main basse sur les richesses nationales, oubliant le système de santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement (cas mortels de choléra enregistrés récemment à Pointe-Noire), l’ANR propose «l’instauration d’une république qui place l’Homme au centre du dispositif, l’Homme à la fois créateur, acteur et bénéficiaire du développement ».
En clair, il s’agit d’une rupture totale, d’un tournant par rapport à l’ère Sassou fondée sur la médiocrité, le favoritisme et la prédation. Le pouvoir actuel de Brazzaville a jeté le discrédit sur le Congo avec l’affaire «des fonds vautours» qui a fait le tour du monde, suscitant des commentaires sarcastiques sur le vaillant peuple congolais. On en serait pas arrivé à une telle extrémité dans la dérision du pays, si Sassou et quelques membres de son clan, n’avaient organisé, à leurs seuls profits, la braderie des ressources pétrolières et forestières. Parce qu’elle entend mettre un coup d’arrêt à ce gangstérisme d’Etat, l’ANR est une lueur d’espoir. Les espérances qu’elle suscite sont d’autant plus légitimes qu’elle met l’éducation et la santé au centre des ses préoccupations, deux secteurs qui bénéficieront «des politiques novatrices et hardies ».
Portés par des hommes d’expérience, formés à l’école du Président Pascal Lissouba, de l’ancien Premier ministre André Milogo et de l’ancien chef du gouvernement Joachim Yombi Opangault, l’ANR se propose également de redonner la liberté et la démocratie aux Congolais. Là où Sassou choisit le passage en force et le mépris des opposants, l’ANR propose le dialogue et le respect des adversaires politiques. Là où il propose l’emprisonnement des militants de la société civile (cas des militants de la section congolaise de Publiez ce que vous payez), l’ANR propose la liberté d’expression et le renforcement du rôle de la Société dans le jeu démocratique au Congo. Les trois partis membres de l’ANR ont acquis la conviction que les règles et la culture démocratiques ne peuvent s’enraciner au Congo que si les juges rendent leur décision en leur âme et conscience, sans pression ni menace. C’est pourquoi, l’Alliance pour une nouvelle république envisage de rétablir l’équilibre des pouvoirs : un parlement qui contrôle l’action du gouvernement et vote les lois, un pouvoir judiciaire indépendant qui rend des décisions au nom du peuple français et un Exécutif qui met en œuvre le programme de la majorité au pouvoir. Ce schéma est totalement à l’opposé de celui imposé au peuple congolais par Sassou. Donnons une chance au Congo, donnons une chance à l’ANR en votant massivement pour ses candidats le 24 juin et le 22 juillet. Il n’y a pas une autre alternative pour sauver le Congo, du moins ce qu’il en reste.
NGOUENO Serge Claver
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