L’U.PA.D.S doit retrouver et assumer sa vocation de Premier Parti
Les prochaines échéances électorales qui verront le renouvellement de l’assemblée nationale issue de 2002 mettent la classe politique et le peuple congolais dans l’embarras tant la mascarade de 2002 a marqué leur esprit.
Après la guerre de 1997, beaucoup avait espéré une politique d’apaisement, de tolérance mettant en œuvre les bases aussi bien juridiques que politiques de la reconstruction du tissu social mis à mal par ces errements. Rien n’a été mis en œuvre dans ce sens, le pouvoir a continué à diaboliser tous ceux qui ne partageaient pas ses vues, usant de la terreur, l’intimidation ou l’éloignement forcé au travers d’artifices judiciaires dignes des parodies des tribunaux des pires dictatures de l’est.
L’U.PA.D.S est l’un des partis qui a vu l’essentiel de ses dirigeants historiques mis à l’index, condamnés à l’exil ; ceux qui ont pu et su rester sur le territoire national ont été muselés, constamment présentés comme des boucs émissaires, bref des génocidaires. Pour ce parti qui était en pleine croissance, faut il rappeler qu’il n’existe que depuis 1991, ce coup rude est venu tout bouleverser.
Dix ans après ce forfait perpétré par ceux qui continuent de croire qu’il est possible de maintenir tout un peuple dans la domination, l’U.PA.D.S en pleine restructuration a décidé de reprendre sa place sur l’échiquier politique national, de repartir vers cette base qui lui accorda en 1992 la première place dans les différentes compétitions, présidentielles, législatives et locales, les seules jusqu’à ce jour organisées de façon consensuelle sans contestation.
La décision du Président du Parti, le PROFESSEUR Pascal LISSOUBA d’affecter à demeure, c'est-à-dire au CONGO la gestion du Parti a été le point d’orgue de la restructuration tant attendue. Sans volonté de polémique, les directions intérimaires, qui n’avaient de toute façon que vocation à disparaître, aussi bien le CNSP que le secrétariat général par intérim ont plongé le parti dans une situation d’inertie inquiétante. Dans un contexte post conflit caractérisé par la volonté affichée du pouvoir non seulement de marginaliser, mais surtout de voir disparaître l’U.PA.D.S, cette inaction dans le temps a été perçue par nombre de militants comme suicidaire voire malveillante. Sans compter que la base du parti, orpheline de ses structures dirigeantes commençait à douter.
Le congrès des 27 et 28 décembre 2006 a donné au parti une impulsion indéniable.
Les nouvelles instances bénéficiant d’une légitimité ont pris la mesure de la tâche qui leur est confiée. Il nous est permis de croire et d’espérer que l’engouement rencontré lors de ces cinq mois d’activité augure de la prédisposition de notre base de nous refaire confiance.
L’ U.PA.D.S est bel et bien à nouveau dans l’arène politique,il est à nouveau prêt à une confrontation sur le terrain des idées, et n’entend plus laisser le terrain politique national occupé et gangrené par ceux qui n’ont su mettre à profit ni le temps ( dix ans ) ni l’importance des moyens financiers tirés des contrats de partage de production eu égard à l’envolée des cours de l’or noir.
Cette absence de perspective des gouvernants actuels pour notre pays doit nous interpeller tous. Ainsi, L’U.PA.D.S a décidé de prendre toutes ses responsabilités.
Notre pays est confronté aux problèmes récurrents rencontrés dans tous les pays où des dictatures perdurent en s’aggripant au pouvoir. Pour les combattre, aucune solution magique n’a été proposée par quiconque, elle n’existe certainement pas, sinon pourquoi ne l’avoir utilisée jusqu’alors.
La comparaison avec ce qui s’est passé sous d’autres cieux à d’autres époques est nécessaire, mais pas suffisante pour que l’on puisse crier à la solution universelle.
L’U.PA.D.S a donc choisi d’aller aux prochaines élections comme pour prendre date, consciente que les revendications sur les conditions d’organisation n’ont pu être obtenues.
Cette décision qui est la résultante des choix de notre base mérite attention. Elle rompt avec les diktats qui sont le fait des desideratas d’états majors, bref c’est un choix citoyen bien qu’il présente des risques, mais la politique n’est elle pas le champs des risques ?
Nous comprenons que cette décision soulève autant d’interrogations et de passions.
Le sabordement du MCDDI et sa mise sous tutelle du pouvoir met l’U.PA.D.S dans le rôle de principal parti d’opposition. Il n’a pas le droit de décevoir ce peuple humilié qui attend.
C’est un devoir pour l’U.PA.D.S, nos militants ont foi en l’avenir, ils croient en la probité au courage politique et à la clairvoyance des nouvelles instances issues du congrès de 2006.
A. E. MABIALA