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Mairie de Brazzaville : Comment Sassou a organisé la réélection de Hugues Gouélondélé ?
Après avoir organisé, le 29 juin dernier, les élections locales dans des conditions d’opacité qui caractérisent depuis plus de dix ans sa gestion, Sassou a tout mis en œuvre pour assurer la réélection de son gendre Hugues Gouélondélé à la mairie de Brazzaville.
La consigne donnée par le palais était très claire : tout mettre en œuvre pour assurer la réélection, pour un nouveau mandat de cinq ans, de Hugues Gouélondélé, maire sortant de Brazzaville, et, dans le civil, gendre de Dénis Sassou N’Guesso, chef de l’Etat congolais. A mission spéciale, personnalité d’exception : c’est donc Firmin Ayessa, Directeur de cabinet de Sassou lui-même qui est allé superviser, dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, la réélection de Hugues Gouélondélé, par ailleurs fils de Emmanuel Gouélondélé, patron des services spéciaux pendant 12 ans sous Sassou I. A vrai dire, la réélection du maire sortant n’est pas une surprise ; tout a été préparé en amont : le Rassemblement pour la majorité présidentielle (RMP) s’est adjugé l’essentiel des sièges au Conseil municipal de la capitale congolaise, laissant quelques miettes aux autres formations politiques pour faire bonne figure. Résultat : Hugues Gouélondélé a été élu avec 77 voix contre 14 pour son adversaire Nick Filla de Saint-Eudes du Parti libéral républicain (PRL).
Les raisons d’une réélection
Pour le régime de Sassou, Brazzaville devait absolument rester dans l’escarcelle familiale. D’abord pour récompenser « la loyauté » du maire sortant envers Sassou, son beau-père. « Loyauté », car Hugues avait pris, même sans le dire, le parti de Sassou dans son face-à-face avec Emmanuel Gouélondélé, qui fut, pendant un laps de temps, la personnalité le plus virulente contre le régime au pouvoir. C’est donc avec soulagement que Hugues a accueilli le retour dans « le rang » de son père après la grande rencontre qui a réuni le 26 décembre la famille au grand complet, autour de Sassou et Bongo, dans l’appartement de celui-ci, dans le 7 ème arrondissement de Paris.
Plus aucune hypothèque ne pesait depuis lors sur la réélection de Hugues à la mairie de Brazzaville. La capitale congolaise devait, ensuite, rester aux mains du clan Sassou au regard des enjeux financiers qui s’annoncent. Quelque 128 milliards de FCFA devraient, rappelle-t-on, être engagés par le pouvoir de Sassou pour, dit-on, résoudre les problèmes d’assainissement de Brazzaville. Pierre Moussa, ministre du Plan et de l’aménagement du territoire, avait annoncé en avril dernier le lancement de ces grands travaux dans Brazza, assurant qu’ils vont lui donner « un rayonnement régional et continental digne de son histoire ». Il ne fait l’ombre d’aucun doute pour le clan Sassou que la conduite d’une telle opération, à fortes prébendes, ne devrait absolument pas être laissée entre « des mains étrangères ». Et qui mieux que Hugues Gouélondélé peut donc garantir les intérêts de la famille?
En vérité, ce qui s’est passé à la municipalité de Brazzaville n’a rien de surprenant ; il illustre une nouvelle fois les mœurs d’un régime qui met ses intérêts de clan au-dessus des principes démocratiques et de la volonté du peuple congolais.
A. Pemmangoye
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