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Symbolisation

… A ces niveaux de compréhension des choses, tout est question de degré et d’accentuation, car nous sommes toujours sur le fil du rasoir. En effet, d’une part, si Dieu est vraiment libérateur et si cette libération est réelle pour l’homme, alors il faut bien que cette expérience bénéfique se traduise concrètement dans l’histoire du peuple et dans celle de chacun en particulier, faute de quoi le discours serait invalidé dans le concret et vidé de son sens. Mais d’autre part, réduire la réalité de l’expérience de Dieu à sa trace bénéfique dans l’histoire d’un individu et dans celle d’un peuple, serait également un non-sens, car il s’agirait ni plus ni moins de faire coïncider la dimension proprement spirituelle avec son expression matérielle. C’est comme si l’on réduisait l’existence d’un texte écrit à sa seule dimension factuelle (nature du support et de l’encre utilisée), en oblitérant le sens que cette matérialité permettrait d’exprimer. On est déjà au cœur de la question qui sera développée au début de la quatrième partie : le relationnel n’est pas dissociable du matériel, sous peine de s’évaporer dans l’évanescence ; mais le relationnel ne peut se réduire au matériel, sous peine de sombrer dans un processus idolâtrique dévorant. Et c’est bien en ce sens que la réalité symbolique se révèlerait comme le seul lieu de vérité possible pour l’homme : articulation indissociable du matériel et de la distance au cœur même de la relation.

« Un Dieu vivant pour un monde vivant » p 72

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